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[PV] Rédemption

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Michael HeavenVoleur - Etudiant
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MessageSujet: [PV] Rédemption  Lun 19 Déc 2016 - 2:20




Rédemption

En solo



   Raziel n'avait pas protesté. Il n'avait même rien dit pour cette fois. Il était beaucoup trop tôt pour affirmer qu'il avait accepté l'autorité de Michael, mais il s'était contenté de lever ses deux mains encuillèrées et de dévoiler son halo violet alors qu'il s'élevait dans les airs avec son maître. Ils montaient d'abord lentement, jusqu'à atteindre la hauteur des grattes-ciel de Céladopole. Puis ils commencèrent leur trajet à proprement parler en prenant la direction de Carmin -passant au passage entre les petites tenues qui séchaient au soleil, étendues sur les toits. Le trajet s'effectua dans un mutisme qui n'était pas plus rassurant que lorsque le télépathe s'immisçait dans l'esprit du voleur. Celui-ci ne voulait pas admettre son inquiétude, mais il était fort probable qu'Alakazam la ressente. Il devait rester en contrôle.
   En arrivant au-dessus du port, Michael pu voir le quartier dans lequel il avait grandi. Il n'avait pas encore trouvé de réponse à une question pourtant capitale : devait-il profiter de l'occasion pour voir ses parents ? Il ne leur avait pas adressé la parole depuis bien longtemps, et ils étaient probablement les dernières personnes qui n'oseraient pas lui tourner le dos. Sans compter le fait qu'il en ait assez de dormir sur les lits rudimentaires des Centres Pokémon, entre des draps indélicats et des couvertures qui démangeaient.
   Raziel les déposa dans un endroit neutre : une petite ruelle déserte du centre-ville. C'était le début de l'après-midi et les rues étaient bondées. Michael n'avait pas encore mangé de la journée et il semblait approprié de s'arrêter dans une brasserie en premier lieu pour réfléchir un peu à la suite des événements.

"Raziel, j'aimerais que tu me laisses maintenant."

   L'Alakazam conserva encore une fois le silence et se laissa rappeler sans autre forme de protestation. Son dresseur se dirigea donc un peu plus vers le port, cherchant quelque chose à se mettre sous la dent. Un poisson du jour. Pêché ici-même. Arrivé au café, il regardait mélancoliquement par la fenêtre ; il n'était pas assez proche des docks pour voir la mer, mais il pouvait l'imaginer. Il se figurait bien la fraîcheur automnale, le vent décoiffant qui éclatait les lames sur le béton. Il n'enviait pas les marins, lui qui était au chaud à l'intérieur, avec son café noir et brûlant, et un carré de chocolat.
   Mais ce qui occupait plutôt son esprit, c'était le casse qu'il préparait. Un Emolga chromatique. Ici. D'après les indications de Rico, il devait se trouver dans ce quartier, mais il était assez improbable de l'y voir par hasard. Ce qu'il savait en revanche, c'était qu'un bon point pour commencer serait de se rendre au fan club Pokémon, qui avait ses quartiers à Carmin-sur-Mer, en périphérie. Le voleur avala d'une traite le fond de sa tasse, et posa un billet sur sa table, juste un peu plus que le prix de son repas. Il paierait pour cette fois : il appréciait cette brasserie et ne souhaitait surtout pas faire de remous avant d'atteindre son objectif.
Pour se rendre au siège du club, il devait passer inévitablement devant la maison de ses parents. Il pourrait faire un détour pour l'éviter, mais tout cela semblait extrêmement puéril... Plutôt, il s'avoua le choix raisonnable : il allait les voir. Leur expliquer sa situation, ce qui s'était passé ces huit dernières années, mettre sa fierté de côté et y poser son énorme valise pour quelques jours. Il était encore en train de ressasser sa décision lorsqu'il arriva devant la maison : elle n'avait que peu changé. Toujours ces volets et cette porte aux tons pastels, ces tuiles carmin sur le toit, la blancheur immaculée des murs extérieur. Le petit jardin de devant était bien entretenu : les lilas étaient toujours là, ils étaient bien les seuls à être encore fleuris en cette saison.
   Il pressa la sonnette, droit face à la porte, sa veste boutonnée sur son veston, les manches de sa chemise parfaitement ajustées pour dépasser subtilement, ses boutons de manchette alignés. Il avait de la prestance, et c'était l'image qu'il voulait donner. Une vieille femme aux cheveux grisonnant ouvrit. Le voleur peina à reconnaître sa propre mère et ce qu'en avaient faits les affres du temps ; il ne lui avait jamais connu autant de rides. Elle de son côté, ne pouvait empêcher la surprise de transparaître et transformer son visage. Transie, elle balbutia :

"M-M-Michael ?!"

   Elle le fit entrer sans attendre dans la maison, et le père les rejoint bien vite. La calvitie plus que naissante de ce dernier inquiéta son fils pour sa génétique, mais il se garda bien de le dire. L'émotion était trop présente à son goût, il était mal à l'aise, mais faisait de son mieux pour rester agréable. Il avait été en colère contre ceux qui l'avaient élevé pendant trop longtemps, et peut-être injustement. Alors il leur raconta l'histoire presque entière : leur fils s'était marié, ils étaient les grands-parents d'une petite fille, puis il avait été pauvre, misérable même, il avait tout perdu. Il passa sous silence son adhésion à la guilde des voleurs, mais ne manqua pas de mentionner qu'il avait entamé une reconversion dans la recherche et qu'il était brillant, encore une fois. Il insista aussi sur son excellente participation lors de l'éradication du Pokéludisme. Beaucoup de larmes coulaient sur les joues du vieux couple à chaque rebondissement, mais le voleur ne partageait pas la moitié de leurs émotions. Son père lui apprit que son Aéromite les avait quitté, il y a de cela bientôt deux ans. Un peu de pitié prit Michael à cette nouvelle, mais cela s'arrêta là. Le vieil homme insista alors pour voir l'équipe de son fils : bien obligé, il fit sortir les six qui l'accompagnaient : Raziel, Suriel, Ézéchiel, Ariel -promptement pour ne pas la déshydrater-, Gabriel et le dernier intégré : Goinfrex. L'Alakazam tenta de s'infiltrer dans l'esprit de son dresseur pour lui parler, mais il l'ignora complètement. À la vue d'Ézéchiel, le couple se fendit d'un énorme sourire : Michael savait à quoi ils pensaient. Non, ce Mimitoss n'avait aucun rapport avec leur vieil Aéromite familial.
   La discussion s'éternisait et le voleur cherchait une issue pour ne plus être à ce point le centre de l'attention. Il avoua qu'il était ici pour quelques jours, et demanda s'il pouvait rester ici pendant ce temps : ses parents étaient fous de joie et acceptèrent de suite. Ils le conduisirent jusqu'à son ancienne chambre : il s'attendait à ce que plus rien ne lui y appartienne, il avait tout prit. Mais la décoration avait aussi été refaite, de sorte à en faire une chambre d'amis la plus impersonnelle qui soit ; cela lui allait à merveille. Il y laissa sa grosse valise. Et puisqu'il était là pour plusieurs jours, il en profita pour déposer quelques affaires dans les armoires, et réorganiser ce qu'il transportait avec lui. Jusqu'à présent, tout ce qui lui appartenait avait été dans sa mallette ou cette valise, mais maintenant, il pouvait stocker ce qui ne s'était pas montré nécessaire ici, et même y laisser sa valise. Avant de dîner, il fit revenir Raziel, un peu à contre-coeur, pour écouter ce qu'il avait à dire plus tôt.

*C’était...touchant. Qu’est-ce qu’on fait ici ? Je trouverais improbable que ce ne soit qu’une simple réunion familiale..*, glissa-t-il dans l’esprit de Michael.
”- Effectivement. On est là pour préparer un gros vol pour mon ‘patron’, et je compte mettre tes talents à profit, entre autre.”
*Et comment puis-je servir les funestes desseins de mon maîîître ?*
, répondit-il avec une ironie malsaine et son simulacre de “voix” inquiétante.
”- On verra ça plus tard.”

   Décidément, Raziel avait tout pour être détesté. Chacune de ses interventions dans les pensées du voleur puait la laideur, la moquerie, avait quelque chose de pernicieux. Michael refusait de rester trop longtemps seul près d’un être aussi sinistre, aussi le rappela-t-il aussitôt. Il avait entendu ce qu’il avait à dire tout à l’heure, mais il aurait pu s’en passer, finalement. Il redescendit dans le salon où le dîner allait avoir lieu, et s’installa sans un bruit.
   Le reste de la soirée fut d’un ennui mortel, il dut décrire avec beaucoup trop de précision à son goût la plupart de ses péripéties notables qui s’étaient déroulées ces huit dernières années, devant des parents hésitant, faisant de leur mieux pour qu’il n’y ai pas un seul mot plus haut que l’autre, craignant que leur fils ne re-disparaisse. Et alors que la nuit commençait à être entamée, les souvenirs refirent surface dans des évocations timides. L’homme d’affaire levait les yeux au ciel intérieurement, jamais il n’aurait pu comprendre un tel déversement de sentiments. Il commençait cependant à comprendre que ses parents l’aimaient malgré tout, d’un amour inconditionnel. Il repensa à Lili et douta soudainement qu’il aimât sa fille aussi fort que ses parents l’aimaient lui… Cette étrange sensation le déstabilisa un instant, mais il chassa cette pensée pour replonger dans l’ennui des récits de sa mère. Heureusement pour lui, le couple était bien vieillissant, et la fatigue les prit, ce qui écourta la soirée. Michael les suivit à l’étage et alla donc se coucher, avec la ferme intention de se rendre au fan club Pokémon dès le lendemain.


***


   Le soleil se levait à peine lorsque l’alarme que le voleur avait réglée sur son pokématos sonna. Il prit deux grandes inspirations successives, les yeux fermés, et dégagea la couette qui le recouvrait. Sans attendre une seconde de plus, il se pressa sous la douche et descendit prendre un petit-déjeuner succinct. Ses parents étaient déjà levés : c’était bien connu, les personnes âgées se levaient de la même façon qu’elles se couchaient ; toujours très tôt. Il leur expliqua brièvement qu’il était en ville pour des raisons professionnelles et qu’il devait donc partir tôt aujourd’hui et qu’il rentrerait en début de soirée. Il les laissa déduire d’eux-mêmes que cela concernait ses études nouvellement reprises, il n’avait pas spécialement envie de formuler de lui-même ce mensonge.
   Il connaissait bien entendu le chemin pour se rendre aux quartier du fan club, il n'eut aucun mal pour l’atteindre. Le bâtiment était déjà ouvert et invitait tous les visiteurs à entrer et discuter avec les membres de club et même à la rejoindre éventuellement. Si tôt dans la matinée, il ne s’attendait pas à voir beaucoup de monde : seulement les membres les plus dévoués. Il ne souhaitait pas perdre de temps avec les autres. Le voleur avait réfléchi toute la nuit à une façon de paraître naturel et d’obtenir tout de même les informations qui l’intéressait. Alors avant d’entrer dans le bâtiment, il avait invoqué à ses côtés Ézéchiel et Gabriel, le premier parce qu’il appréciait sa présence et parce qu’il était relativement “mignon”, le second pour sa rareté à Kanto. Puis il s’était pris un café à la machine à l’entrée, et avait attendu sagement et silencieusement qu’un véritable fan de Pokémon ne vienne de lui-même à sa rencontre. Cela n’avait pris en vérité pas plus d’un quart d’heure : bien vite, un vieil homme s’approcha de lui avec un sourire bienveillant. Il semblait aussi intéressé par les Pokémon que par le simple fait d’être poli et engageant avec une nouvelle tête au club. Il engagea la discussion :

"- Bonjour Monsieur, c’est la première fois que vous venez ici ? Je suis Ernest, le vice-président de ce fan club. Ne restez donc pas à l’écart, je suis sûr que vous avez beaucoup à raconter ! Votre Mélokrik n’est pas le genre de Pokémon que l’on voit souvent par ici, d’où vous vient-il ?"

   Sur ces mots, le vieil homme l’intima à le suivre vers un petit groupe de deux autres personnes pour discuter avec eux. Michael expliqua en quelques mots la provenance de Gabriel, qui était au final la même que celle d’Ézéchiel : la forêt de Jade, lors d’un passage remarquable de nombreux troupeaux. Il réussit à dériver peu de temps après sur la prétendue raison de sa visite :

"- Je suis à vrai dire venu dans l’espoir de rencontrer quelque chercheur qui aurait un intérêt particulier pour les Pokémon chromatiques. Lors de mon dernier voyage à Safrania, je suis passé devant la Tour du Savoir, et je suis absolument émerveillé de voir que la science permet d’activer des gènes endormis. Je n’ai qu’une envie, faire ressortir la beauté de mon Mimitoss…
- Comme je vous comprends ! Les Mimitoss chromatiques sont, pour la plupart, magnifiques ! Malheureusement, je ne pense pas qu’il y ait parmi nous un érudit de la sorte…
- C’est dommage. J’ai aperçu hier un Émolga aux couleurs inhabituelles en me baladant en ville, j’espérais trouver ici son propriétaire et discuter avec lui…
- Un Émolga dites-vous ? Mais c’est probablement celui de Madame Disgea ! Oh, malheureusement pour vous, je crois bien que son compagnon n’a subi aucun traitement scientifique, il est né de la sorte. Mais vous pouvez toujours revenir jeudi, elle vient nous rendre visite chaque semaine, elle sera ravie de discuter de sa fierté !"

   Madame Disgea, c’était bien elle. Trop facile. Il savait maintenant exactement où la trouver et quand. Le voleur perpétua la conversation encore quelques minutes, poliment, pour ne pas éveiller les soupçons, puis remercia Ernest et ses deux autres interlocuteurs avant de se retirer.

"- Vous reverrons-nous jeudi alors ?", s’enquit le vice-président.
”- Oh je ne crois pas. Je cherche réellement un scientifique. Mes excuses. J’ai beaucoup apprécié notre discussion, merci beaucoup.”

   Aussitôt hors du siège du club, Michael rappela Gabriel. Il souhaitait rester le plus discret possible, aussi ne fit-il pas non plus appel à Raziel ou Suriel. Il se contenterait de rester avec Ézéchiel pour le reste de la journée. Il avait obtenu d’Ernest la première pièce d’information qu’il souhaitait, la suite du plan était évidente : il lui faudrait revenir jeudi sans être vu, et attendre que la vieille ne rentre pour déterminer l’endroit où elle habitait. D’un coup d’oeil rapide, il cherchait un endroit où il pourrait se faire discret tout en pouvant observer aisément le bâtiment. Le petit buisson qui séparait deux jardins ; c’était trop à découvert, surtout avec le défeuillage qu’avait effectué la saison. Le coin de la rue était plus discret, mais rendrait aussi plus ardue la tâche à laquelle il se destinait.S’il ne pouvait pas être invisible et en même temps à portée, alors il devait se rendre parfaitement ordinaire, qu’il soit visible sans pouvoir être remarqué.
   Le voleur rentra chez ses parents en fin de matinée, ce qui était pour les jeunes retraités une bonne surprise. Il leur expliqua qu’il allait faire ses recherches depuis leur maison en attendant le lendemain, et s’installa donc dans le salon avec leur ordinateur personnel. Avec une recherche rapide, il découvrit que sa prochaine destination serait très probablement Azuria, où il devrait rencontrer Léo, s’il voulait rendre un bon devoir. Mais il interrompit ses recherches assez tôt car il était bien trop concentré sur le larcin qu’il préparait et ne parvenait pas à penser à autre chose. Cela avait toujours été l’un de ses problèmes, mais aussi la clef de ses réussites : obsédé par une chose à la fois, il ne s’arrêtait que lorsque c’était parfait. Il révisait le plan qu’il souhaitait mettre en action. Les observations qu’ils devaient faire, les préparations, il tentait d’envisager différentes éventualités. Malheureusement, il était bien incapable de prédire les systèmes de sécurité qu’il aurait à contourner. Quant aux spécificités que lui avaient imposées Rico, elles semblaient insolvables : un Pokémon dans sa Pokéball avait peu de chances de simplement s’enfuir, surtout sans signe avant-coureur. Au moins pouvait-il déjà se faire une idée des Pokémon intéressants pour l’accompagner dans cette mission, aussi se rendit-il au centre Pokémon pour effectuer quelques transferts. Ainsi, Goinfrex, qui ne serait d’aucune utilité, fut-il remplacé par Mimigal. Michael ne l’avait encore jamais utilisé, mais il l’avait capturé précisément pour ces occasions : certes, l’araignée n’était pas le plus petit des Pokémon, mais elle avait le mérite de pouvoir se déplacer rapidement et en toute discrétion, capable même de marcher au plafond. Il conserva le reste de son équipe : les autres disponibles ne représentaient aucune utilité, tandis que les autres pouvaient chacun en avoir une, ne serait-ce que minime. Même Ariel, qui pourrait dans le pire des cas se battre si les choses tournaient mal. Oui, il imaginait bien les situations dans lesquelles ils pourraient se rendre utiles. Il reprit la direction de la maison de ses parents et la fin de la journée se passa sans événement notable. La conversation et l’atmosphère avec les parents du voleur était moins inconfortable.


***


   Michael se leva tôt. Jeudi. C’était le jour où Madame Disgea était censée passer au fan club, d’après ses habitudes et les dires de son vice-président. Le voleur se prépara sans traîner pour cette journée qui serait probablement longue et devait commencer avant même le lever du jour. Très tôt, il se posta dans l’encadrure de la porte d’un immeuble, situé de l’autre côté de la rue par rapport au siège du club, mais pas tout à fait en face pour rester discret. En bas du bâtiments, ses habitants ne trouveraient pas trop louche de le voir, ils ne se connaissaient probablement pas tous, et il resterait pour les passants assez ordinaire. Pour l’occasion, il avait emprunté le paquet de cigarettes de son père : si jamais quelqu’un restait trop longtemps dans les parages, ou si Madame Disgea apparaissait, il mimerait de s’en griller une. Il faisait plutôt frais aujourd’hui, mais assez vite les premières lueurs vinrent le réchauffer doucement de leur chaleur orangée. Il patienta en silence, laissant vagabonder son esprit pour s’occuper. Fort heureusement, cela ne dura pas longtemps : comme le voleur l’avait prédit, une vieille femme se levait tôt et entamait sa journée dans le même temps. Il n’y avait aucun doute possible quant au fait que ce soit bien sa cible : elle était accompagnée, planant à ses côtés, d’un petit Émolga à la tête brune. Ce Pokémon, d’ordinaire noir, blanc et jaune était un curieux petit rongeur dont les membres étaient reliés par de fines membranes lui permettant de glisser dans les airs, mais Michael en était sûr -il avait vérifié la veille-, les Émolga n’étaient pas censés être bruns. C’était donc bien un chromatique !
   Un autre détail vint comme un soulagement : elle était seule. Il n’y aurait donc probablement qu’elle, ou à la limite un mari à gérer. Le voleur n’avait eu qu’une crainte : qu’elle n’ait voulu assurer la sécurité de son Pokémon en ayant recours à des personnes extérieures. Il n’avait après tout aucune idée de la richesse exacte de cette vieille femme ni des moyens qu’elle avait mis en oeuvre pour acquérir et protéger son compagnon. Maintenant cependant, il hésitait. Combien de temps pouvait-elle passer à l’intérieur du bâtiment ? Que pouvait-il faire pour s’occuper, et comment allait-il garder connaissance de ce qu’il se passait à l’intérieur ? Il décida de pas agir. Puisqu’il était là, il attendrait.
   Une bonne heure avait passé et Michael hésitait de plus en plus à envoyer Ézéchiel jeter un oeil à travers les rideaux pour vérifier à l’intérieur. Mais il n’en fit rien, puisqu’au moment où il allait craquer, la porte s’ouvrit de nouveau : Disgea sortait enfin. Il la laissa prendre de l’avance, puis se lança sur ses talons. Elle se dirigeait vers la criée, avec tout ses étalages de poissons puants où les habitants se bousculaient pour avoir le produit le plus frais. D’un côté, c’était idéal pour ne pas se faire remarquer dans sa filature, mais d’un autre il risquait grandement de la perdre dans la cohue ; aussi fit-il tout de même appel à son Mimitoss pour continuer de le guider si besoin. Un grand avantage qu’il avait tout de même en comparaison à ce dont il avait l’habitude, c’est qu’il n’avait pas besoin de traîner sa valise dans cette foule, puisqu’elle était restée chez ses parents. Il observa donc la vieille acheter de la lotte, un bar et même quelques filets de Magicarpe, et la suivit vers sa prochaine destination.
   Heureusement, il y avait fort à parier que celle-ci soit sa maison, puisqu’elle voudrait très probablement mettre ses achats au frais au plus vite. Et après tout, on arrivait maintenant à la fin de la matinée. Effectivement, cela ne manqua pas : elle déambulait gaiement entre les maisons de chaux et finit par atteindre le quartier aisé de Carmin-Sur-Mer. Il glissa une clef dans une serrure et disparut dans l’une des bâtisses. Cette dernière avait tout de la maison de moyenne bourgeoisie : Michael le savait bien, c’était de ce milieu dont il était issu. On y trouvait des petits géraniums en pot accrochés aux rambardes des fenêtres des chambres, des volets en bois à fermeture manuelle, un paillasson accueillant. Le voleur nota sur un bout de papier l’adresse. Maintenant qu’il savait où elle habitait, il était temps d’aller déjeuner avec ses parents.


***


"- Oh Michael, je suis passé à la bibliothèque tout à l’heure pour rendre un livre que j’avais emprunté, je ne t’ai pas vu !", déclara sa mère au dîner.
”- C’est normal, je n’y étais pas ce matin. Tu as emprunté un autre livre pour le remplacer ? Lequel ?”

   Le meilleur moyen que l’on ne découvre pas un mensonge était probablement de ne pas le formuler. Ce matin-là, comme les trois matins précédents, Michael était resté devant chez Madame Disgea en attendant qu’elle ne sorte et aille à ses occupations. Son planning semblait être tout simple : un jour sur deux, elle allait à la criée, et le lendemain, elle marchait avec son groupe de marche avant d’aller faire son marché. L’après-midi, elle le passait principalement à faire du jardinage ou bien à aller jouer aux cartes. Il l’avait entendu dire tout à l’heure que demain, elle irait jouer à la belote chez Monique. La même Monique qui la veille s’était plainte qu’aller chez Disgea, c’était loin et que le trajet était désagréable pour elle et sa condition physique : parfait. Elle serait hors de la maison pendant quelques heures, l’occasion rêvée pour s’introduire chez elle et faire un premier repérage. Il avait fini par être sûr, au bout de ces quelques jours, qu’elle vivait maintenant seule : Monsieur Disgea avait passé l’arme à gauche au début de la décennie.
   Le lendemain, il se posta donc en début d’après-midi devant la maison, discrètement, comme les jours précédents. Ce n’était pas plus facile que lorsque c’était devant le fan club jeudi dernier mais bon, il faisait avec, il s’arrangeait pour rester discret et ne pas être remarqué. C’était plutôt compliqué pour quelqu’un de sa stature et de son élégance, mais il lui suffisait d’affaisser un peu ses épaules, de porter un jogging, de ne pas démêler ses cheveux le matin et on aurait pu le confondre avec n’importe quel citoyen lambda. Et puis ce n’était pas une semaine de cigarettes qui allaient réellement nuire à sa santé... Pile à l’heure qu’avait estimée Michael, la vieille sortit de chez elle. De là où il était, il ne pouvait toujours pas distinguer s’il y avait un système de sécurité renforcé, ou juste un verrou, mais en partant elle avait au moins fermé à clef. Le voleur la laissa s’éloigner et s’approcha de la maison, avant d’invoquer son Mimitoss et de le placer sur le rebord d’une fenêtre :

"- Ézéchiel, est-ce que tu vois une lumière qui clignote à l’intérieur ? Regarde sur les murs, dans les coins...”

Le Pokémon le regarda avec un air interrogateur. Difficile de dire si c’était qu’il n’avait pas compris ou s’il n’avait juste rien remarqué de notable. Il fallait s’y résoudre, il n’avait qu’un seul moyen de réellement savoir : il fallait entrer. C’était un pari risqué, mais probablement la seule solution. La plupart des alarmes de sécurité installées dans les maisons ne fonctionnaient que dans les étages inférieurs, de son expérience, la démarche serait alors assez évidente : le voleur fit appel à Raziel son effrayant Alakazam, et lui demanda de faire léviter Ariel sa Tentacool au niveau d’une fenêtre de l’étage. La manoeuvre était particulièrement risquée, non pas dans sa réalisation mais plutôt dans les individus qu’elle impliquait : Raziel s’était montré particulièrement imprévisible et assez peu digne de confiance, d’autant plus qu’il semblait mépriser la faiblesse et qu’il ne savait pas encore la puissance que recelait un mollusque comme Ariel. Mais malgré une remarque sarcastique, il exécuta l’ordre qui lui avait été donné. Portée à niveau de la fenêtre, Ariel reçut pour directive d’utiliser son attaque Acide sur le bois, au niveau de la serrure. Rapidement, le cadre commença à s’effriter légèrement et le Pokémon dû rincer avec une attaque aquatique. D’en bas, le dégât n’était pas évident, d’autant plus si l’on ne faisait pas attention. Cela pouvait passer pour une pourriture normale du bois, à cause des intempéries et de l’air marin de Carmin, qui s’infiltrait et attaquait à peu près tous les matériaux. Et de l’intérieur, cela devait même être invisible. Sans attendre, Michael rappela Ariel, et demanda à Raziel de le soulever au niveau de la fenêtre. Le Pokémon leva alors ses deux cuillères et de nouveau obéit à son maître. Il suffit alors à ce dernier de glisser la lame d’un couteau contre le pêne, et avec un peu de force et de subtilité, celui-ci glissa dans le coffre, permettant au voleur d’ouvrir la fenêtre et de passer par celle-ci.
   Le premier pas était posé sur le parquet, et toujours aucune alarme déclenchée. Il hésitait un peu sur l’ordre à suivre maintenant qu’il était à l’intérieur. Bien que convaincu de son intelligence supérieure et de sa capacité à accomplir n’importe quelle tâche avec inventivité, surtout celle-ci qu’il avait bien réfléchie, il ne pouvait s’empêcher de constater son inexpérience en matière de vol organisé. Il analysait avec attention la moindre pièce dans laquelle il entrait, avançant pièce par pièce, essayant d’éviter de se rapprocher de l’escalier. Il y avait de nombreux objets de valeur ici, mais il n’avait pas emmené tout le matériel nécessaire pour les subtiliser, et ce n’était de toute façon pas l’objectif.
   Il pénétra dans ce qui devait être la chambre de Madame Disgea. Il y avait un petit lit, probablement pour Émolga puisqu’il était orné d’un socle d’une taille correspondant à celle des Pokéballs. Ainsi le Pokémon avait le choix : il pouvait où bien dormir dans son orbe, ou bien auprès de la vieille. Encore une fois, la chambre avait une fenêtre, mais Michael s’en désintéressa, elle ne faisait pas parti du plan. Non, il commençait vraiment à avoir une bonne idée de comment organiser tout cela. Il jeta tout de même, du haut des marches, un oeil en bas. Il reconnut immédiatement le clignotement orangé d’un dispositif de surveillance, fixé dans le coin de l’escalier, à hauteur de plafond. Le voleur ne prendrait pas le risque de vérifier s’il était factice ; c’était de toute façon peu probable. Les appareils fictifs se placent normalement en extérieur, en évidence, pour dissuader. Cette nuit, il reviendrait donc, et se contenterait de l’étage. Il y avait largement de quoi faire. Il retourna donc dans la chambre par laquelle il était entrée, referma la fenêtre -verrou compris- derrière lui, et enjamba le géranium qui la décorait.

"- Raziel, fais-moi descendre.”

   L’Alakazam attendait en bas, sans se soucier aucunement de la discrétion de sa présence. Il s’exécuta sans poser de question, et rejoignit sa Pokéball lorsque son dresseur le lui demanda.
   Michael avait la certitude maintenant que ce vol serait une affaire facile et qu’il allait s’en mettre plein les poches, ce qui le faisait encore douter, c’était de savoir comment il allait faire pour qu’il paraisse qu’Émolga était parti de son plein gré. Il fallait le mettre en scène, et cela devait commencer maintenant. Cela aurait même dû commencer bien plus tôt, s’il avait eu cette merveilleuse idée avant, mais il ne pouvait pas s’attarder trop longtemps sur cette affaire. Et puis, l’idée qu’il avait devrait suffire. Il se plaça quelques mètres plus loin dans la rue, et attendit en y réfléchissant. Il fallait qu’il soit sûr de lui et que tout paraisse crédible.
   Madame Disgea rentrait déjà, Émolga planait à ses côtés. C’était le moment qu’il attendait. Toujours bien dissimulé à son poste d’observation, il avait placé Raziel sur le toit d’un autre bâtiment, embusqué. Ézéchiel était aussi là, près de lui pour sa part.

"- Ézéchiel, tu fais bien comme on a répété hein. Comme contre le Roucool à Jadielle, il faut qu’Émolga t’entende, mais pas moi. Et surtout pas elle.”

   Il désignait la vieille du menton. Le Mimitoss ouvrit la bouche et se mit sur la pointe des pattes. Au début, il ne se passait rien, Michael ne percevait aucun effet. Et puis, l’Émolga se figea sur place, immobile et visiblement désorienté. L’Ultrason faisait effet. Si les humains ne parvenaient pas à l’entendre, ce n’était pas le cas des Pokémon. Le rongeur volant se mit à vaciller dans un premier temps, et sa dresseuse se retourna vers lui, visiblement inquiète. Il ne fallait pas que l’on découvre la manipulation pour autant. Ils attendaient juste qu’elle sorte sa Pokéball et tente quelque chose…
   Elle s’évertuait à essayer de le calmer. De là où il était, le voleur n’entendait pas ce qu’elle disait, mais cela n’avait aucune importance. Il leva les yeux vers Alakazam plus loin, signe que c’était à lui d’intervenir. Là encore, il savait ce qu’il avait à faire et fit usage de sa capacité de Télékinésie. Il stabilisa le vol du rongeur dans un premier temps, mais l’attaque Ultrason durait toujours. L’effet recherché était bien évidemment d’amener un questionnement chez madame Disgea, incapable de comprendre ce qui se produisait. Placés comme ils l’étaient, le voleur et son équipe étaient invisibles, et leurs agissements inaudibles. Soudainement, Raziel fit plonger l’Émolga vers le sol pour mimer une prise de vitesse, pour un virage. Il le redressa dans une nouvelles direction et commença à l’éloigner de sa maîtresse, qui criait à présent, dans l’incompréhension. Elle sortit enfin sa Pokéball, et tenta de rappeler à elle son Pokémon. Incapable de choisir de lui-même ses mouvements, il fut écarté une première fois du rayon rouge, puis une seconde fois. Madame Disgea était au bord des larmes. Alors qu’elle allait tenter une troisième tentative, Michael lança un regard ferme vers Raziel. Ses expressions étaient dures à déchiffrer, mais on aurait dit un sourire sadique au coin de ses lèvres. Cependant il ne fit rien pour que l’écureuil volant n’échappe au troisième rayon et le laissa se faire happer.

*Ça va, j’ai fait comme nous avions convenu.*, glissa l’Alakazam dans l’esprit de son dresseur.

   Michael ne réagit pas et se contenta de reculer pour mieux se cacher. Ils avaient fait exactement ce qu’il voulait, il lui suffisait maintenant d’attendre que la voie soit libre. Madame Disgea hoquetait et tentait de calmer ses émotions, mais après quelques secondes, elle sortit les clefs de chez elle, les tourna dans la serrure, et le voleur entendit la porte claquer derrière elle. Il se redressa, et fit disparaître Ézéchiel dans son orbe, puis Raziel, une fois qu’il se fut téléporter en bas. C’était le moment pour les derniers préparatifs.
   Sans attendre, il prit la direction du Centre Pokémon. Il voulait vérifier dans un premier temps que ses Pokémon étaient en pleine forme : ce n’était pas le cas. Ariel était encore un peu mal en point depuis...depuis le racket dans la Cave Taupiqueur. Ça remontait à loin. Il n’avait plus fait appel à elle depuis, et n’avait pas combattu non plus d’ailleurs. Cela n’avait de toute façon pas d’importance, il ne se servirait pas d’elle ce soir, elle n’avait aucun intérêt en ville. Elle pouvait combattre si nécessaire, mais forçait une immobilité plus qu’handicapante. Il la plaça sur la machine de transfert et récupéra Mimigal à la place. Il n’avait jamais fait appel à lui, il ne le connaissait pas, il se souvenait à peine de sa capture. Mais il savait qu’il l’avait capturé pour cet instant précis. Ce serait un petit agent qui le suivrait cette nuit dans la maison. Le voleur prit le temps d’analyser l’équipe qui l’accompagnait pour s’assurer de ne rien avoir oublié : Ézéchiel et Gabriel feraient le guet, le Mimitoss serait les yeux et le Mélokrik le sonneur d’alerte avec son chant mélodieux. Raziel leur permettrait de s’infiltrer : la Télékinésie pour entrer comme tout à l’heure, et la capacité Téléport en cas de pépin. Et si jamais les choses tournaient vraiment mal, il pouvait se révéler utile en combat, lui et Suriel. Enfin, aucun de deux n’étaient vraiment fiable, il fallait donc espérer que les choses n’en arriveraient pas là, ou le résultat serait probablement désastreux. Ils allaient entrer, prendre ce qu’ils étaient venus chercher, et ressortir aussitôt. Goinfrex laissait Michael perplexe, mais un sixième Pokémon dans l’équipe serait forcément un atout, alors il le conserva. Il ne pouvait pas être moins utile qu’Ariel.
       Pour finir la journée et patienter jusqu’à ce que la vieille ne s’endorme, il se contenta de rentrer chez lui et de passer la journée avec ses parents, calmement. Il dîna avec eux, puis joua au tarot avec eux. Il n’avait jamais aimé le tarot à trois, il n’y avait aucun intérêt. On devinait bien trop facilement les cartes des deux autres. Un instant, il imagina qu’ils pourraient demander à Alakazam de jouer avec eux, mais eut un frisson. Plutôt mourir. Tout plaisir partagé avec lui était tout simplement impensable, ce Pokémon était maléfique et n’avait montré jusqu’à présent de la satisfaction que dans la souffrance des autres. Finalement, après quelques donnes, les parents fatiguaient. Ils luttaient pour profiter de leur fils dont le retour pour la semaine avait été une véritable surprise et même un rayon de soleil dans leur train de vie de retraités. Mais ils ne pouvaient pas garder les yeux ouverts encore bien longtemps, et allèrent donc se coucher. Prenant conscience des implications que ses actes de la nuit allaient avoir, Michael leur déclara :

"- Je vais repartir demain. Il faut que j’aille à Azuria pour rencontrer un spécialiste pour ma prochaine étude. C’était vraiment agréable d’avoir pu passer cette semaine avec vous, mais il faut que je reprenne la route, je ne peux pas vivre à vos dépens malgré ce qui m’est arrivé.”

   Il était rarement aussi honnête. Sur ses sentiments bien sûr, pas sur ses raisons. Il avait vraiment aimé pouvoir profiter du repos et de la maison parentale ces derniers jours, mais il ne pouvait pas laisser l’ombre de ses méfaits planer sur ses parents. Son objectif était que cela ressemble à une fugue, et il espérait qu’avec la mise en scène de l’après-midi cela serait suffisant, mais il y avait toujours un risque. Un peu plus d’une heure avait passé depuis que ses parents étaient partis se coucher. Il était suffisamment tard pour supposer que madame Disgea dormirait à poings fermés lorsqu’il arriverait chez elle.
   En bas de la maison, dans la rue, il fit sortir ses Pokémon. Mimitoss et Gabriel se placèrent en évidence, sur un point d’observation qui permettait de voir dans toutes les directions. Mimigal se plaça sur le dos de son dresseur pour l’instant. Alakazam commença leur ascension jusqu’à la fenêtre qu’Ariel avait altéré plus tôt, et les deux autres membres de l’équipe restaient pour l’instant dans leur Pokéball. Ils n’en sortiraient qu’en cas d’extrême nécessité. Au niveau de la fenêtre, Michael n’eut encore une fois qu’à pousser le verrou à nu depuis l’extérieur à l’intérieur du pêne, et il put se glisser dans la maison. Il avait mis tout le contenu de son “kit de cambriolage” acquis auprès de Cécile à l’allée des Embrumes dans un grand sac de jute qui en faisait parti. Maintenant qu’il était à l’intérieur, il regarda un peu ce qu’il contenait, peut-être aurait-il dû le faire avant. Il enfila un bonnet de laine, qu’il aurait bien apprécié tous les jours de cette semaine, et trouva ce qui semblait être une lampe torche. Il plaça sa main devant et l’alluma, pour en contrôler l’intensité. C’était parfait : premièrement, la lumière était bleue, et surtout elle n’éclairait pas trop fort. Le voleur balaya la pièce de son faisceau avant de plonger celui-ci au fond du sac : il y avait aussi des gants qu’il enfila, divers outils ressemblant à des crochets et deux petites fioles étiquetées. On pouvait y lire : “Poudre Dodo” et “Para-spore”. Sans vraiment pousser plus amplement la recherche, le “malfaiteur” saisit qu’il s’agissait là de la production champignoneuse d’un Pokémon Plante ou Insecte, récoltée pour en détourner l’usage. C’était parfait.
   Mimigal agita prestement ses petites pattes pour descendre le long de la jambe de son dresseur, puis les tapota sur le parquet, jusqu’au mur, jusqu’au plafond. C’était ce dont ils avaient convenu. Michael craignait que l’on n’entende un cliquetis lors de ses déplacements, mais il n’en avait rien été. L’araignée avait été agile et discrète comme espérée. Raziel les avait suivi et flottait en l’air, assurant de ce fait de ne pas non plus faire un seul bruit. Il ne leur restait plus qu’à tous les trois remplir un maximum le sac de jute : Michael avait déjà repéré dans cette première chambre un coffret à bijou et quelques vieux livres. Mais d’un autre côté, il ne fallait pas oublier que leur effraction ne devait en aucun cas être remarquée, et il fallait prendre un minimum de choses, seulement les objets les plus rentables et dont la disparition ne serait pas remarquée. Le voleur ouvrit la boîte à parures qu’il avait dégotée et regarda de plus près, à la lueur de sa torche. Il y avait un magnifique collier serti d’émeraudes qui valait probablement une fortune, mais il était impossible de le prendre sans compromettre leur plan. À la place, il jeta son dévolue sur une bague en or sur laquelle était montée un gros diamant, enserrée par quatre griffe non sans rappeler certains mythes draconiques. Prenant l’un des crochet fourni par Cécile, le brigand s’efforça de diminuer l’emprise de la vouivre sur sa gemme, et, aidé par les pouvoirs télékinésiques de son Alakazam, la lui arracha. Ainsi, madame Disgea croirait que la pierre est juste tombée et ne ferait jamais le lien. Ils empochèrent à eux trois quelques autres babioles, des choses de petites tailles qui ne manqueraient pas. Michael était gourmand et, en faisant le tour des pièces de l’étage, voulait prendre encore bien plus ; il sentait que Raziel partageait son désir, naissant de leur narcissisme respectifs, de jouer avec la limite et de prouver qu’ils pouvaient aller juste la piétiner sans pour autant la dépasser, et démontrer leur intelligence supérieure. Mais il fallait se contenir. Il était temps de prendre ce pourquoi ils étaient vraiment venus.
   Le voleur retourna dans la chambre qui leur avait servie d’entrée, et rouvrit la fenêtre. Puis il retourna dans le couloir, accompagné de ses deux compagnons. La fiole de Poudre Dodo dans une main, il actionnait la poignée de la chambre de la vieille Disgea de l’autre, et se faufila d’un pas agile jusqu’au lit. Émolga ne dormait pas dans sa Pokéball, c’était parfait.Le bouchon sortit du goulot de la fiole dans un tout petit bruit sourd qui ne fit réagir aucun des deux dormeurs. L’instant d’après, le marchand de sable était passé, il n’y avait plus aucune chance que la vieille ne se réveille. Michael se sentait puissant dans cette situation. Peut-être même aurait-il pu la tuer avant qu’elle ne parvienne à se réveiller. Il réprima cette idée avec horreur et dégoût : il n’était pas un tueur et ne le serait jamais. Il se tourna plutôt au-dessus du berceau de sa cible. La pâle lumière bleutée faisant scintiller son pelage que l’on aurait dit recouvert de petits cristaux brillants. Le voleur se penchait au-dessus du couffin, lorsque le rongeur ouvrit les yeux.
   Et la bouche.
   Il allait crier.
   Mais immédiatement, un jet blanc fut propulsé du plafond et atterit droit au visage de l’Émolga qui fut contraint de garder le silence. Michael leva la tête pour remercier Mimigal, et l’aide précieuse de son attaque Sécrétion. Puis sans attendre, il attrapa le Pokémon et l’enfourga dans le sac avec le reste du butin. L’instant d’après, Raziel les avait tous téléportés dehors. La mission était accomplie.
   Le voleur contempla un instant l’extérieur, alors que Gabriel et Ézéchiel descendaient de leur perchoir pour les rejoindre. La fenêtre était toujours ouverte, la porte de la chambre aussi. Demain matin, il paraîtrait évident qu’Émolga avait fui, et ces soupçons seraient fortement appuyés par sa soudaine crise de panique de la veille et son refus de rentrer dans sa Pokéball. Il serra fermement le cordage autour de l’ouverture pour éviter toute fuite, rappela ses quatre Pokémon et commença à marcher en direction du port, la jute sur l’épaule. Il sortit son Pokématos et écrivit un message pour Rico, son employeur :

”message pour Rico”:
 

   Et il allia le geste à la parole en se rendant sur la jetée, en attendant qui de Rico ou du jour viendrait le premier.

Lieu suivant : Aucun


Modération

#MDJ utilisation d'un kit de cambriolage (2->1) : 7000 mots au total, 5300 concernant le vol. Oui ça fait des nombres ronds je n'y peux rien, pas voulu. Début du décompte à partir des premières étoiles, exclusion des 83 mots du message pour Rico. Gain du 8800 P$.
#PNJ Rico, rapport de mission : Émolga kidnappé.

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MessageSujet: Re: [PV] Rédemption  Mar 20 Déc 2016 - 9:48



Félicitations, vous êtes parvenu à dérober l'équivalent de 8800p$ de biens en tout genre !
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Rico
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MessageSujet: Re: [PV] Rédemption  Mar 20 Déc 2016 - 10:14


Rico venait de recevoir un message de l'un de ses esc... l'un de ses voleurs, Michael Heaven, qui lui demandait de venir récupérer le résultat d'un de ses cambriolages. Heureusement pour lui, il se trouvait en ce moment même sur la Route 06. Il paraissait que des Pokémon rares s'y trouvaient en ce moment même, mais il n'avait rien vu. Il monta rapidement sur le dos de son Rapasdepic qui l'emmena sur les docks de Carmin-sur- Mer où le rendez vous était convenu. Arrivé sur place, il descendit prestement de son Pokémon et le rappela sans faire de bruit. Il n'adhérait pas à la règle qui demandait de les laisser dehors un maximum. Les Pokémon n'étaient que des objets prêts à être utilisés. Les laisser dehors alors qu'il n'avait pas besoin d'eux... Pfff. Aucune utilité.

Il le retrouva au loin, un homme avec de longs cheveux noirs tapis dans un coin. Il s'approcha de lui d'une démarche étonnement leste pour un homme de sa carrure et le héla.

- Michel c'est ça ? Me v'là. Alors tu parles d'un... Diamant en plus de l'Emolga ? J'peux voir ça ?

Il avait déjà préparé la récompense. Le diamant était de taille correcte et le Pokémon était présent. Il se massa la gorge et sortit de son sac le résultat. C'était une magnifique exécution de sa mission, ce c... jeune homme était prometteur. Si Rico voulait le garder, il allait devoir donner une récompense digne de ce nom. Il grimaça et posa son lourd sac au sol avant d'en sortir plusieurs choses.

- Ouais bon. On va pas en faire tout un plat hein. Déjà v'la 1200p$.

C'était qu'une petite partie de ce qu'allait lui rapporter ne serait-ce que le diamant.

- Un rappel max aussi, c'est toujours pratique ces p'tits trucs. Trois Hyperball, tu verras, ça te sera utile. Et puis une CT euh... Attends, tu peux choisir. Choc Venin, Feu Follet ou Retour. Dépèche toi, j'ai autre chose à faire.

Sa voix était un grognement bas. Il n'aimait pas avoir à faire ça.

- Et tant qu'on y est, ta prochaine mission. Tu vas me capturer quatre Pokémon. Un Mimigal, un Mimitoss, un Marill et un Abra. Pratique pour faire des cambriolages ces trucs là. T'as l'air de le savoir hein ? Oh, si t'en trouves un autre qui peut m'être utile hésite pas hein, ça peut le faire si tu m'expliques comment l'utiliser. Allez, salut.

Il remonta sur son Rapasdepic avec le butin et retourna rapidement Route 06.
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MessageSujet: Re: [PV] Rédemption  Ven 23 Déc 2016 - 10:42




Rédemption

En solo




Au bout d'une heure, un imposant Rapasdepic atterrit sur le béton de la jetée et un homme en descendit d'un saut. Il faisait encore nuit noire et Rico s'approchait d'eux d'une démarche légère. Malgré son apparence de colosse rustre et désagréable, c'était bien un voleur, cela ne faisait aucun doute. Michael se redressa du bloc massif sur lequel il s'était assis et pris un air sérieux et concentré pour donner bonne impression. Il était professionnel. Il attrapa son sac, où l'Émolga avait abandonné l'idée de se débattre, et le tendit à son employeur avec un sourire suffisant. Rico aurait sûrement beaucoup de peine à l'admettre, mais le résultat valait très probablement l'attente.
Le braconnier inspecta d'un oeil l'intérieur du sac, et fit rouler entre ses doigts le diamant. Il avait l'air embarrassé, ou du moins agacé. Il avait probablement conscience du fait qu'il allait devoir donner une récompense à la hauteur du butin...Il commença par un commentaire cherchant à diminuer l'exploit, et Michael réprima un rire. Il voyait clair dans son jeu. Puis il lui envoya 1200 Pokédollars, et cette fois-ci l'homme d'affaire haussa un sourcil. Ce devait être une mauvaise blague. Heureusement, Rico n'avait pas fini, et lui confia des objets des valeurs qui lui seraient probablement utiles pour plus tard, il l'espérait... Sinon, il n'aurait qu'à les revendre. Il lui laissa même le loisir de prendre une CT parmi trois qu'il lui proposait. N'y connaissant rien mais conscient que l'hésitation était un signe de faiblesse, le voleur se décida vite :

"Choc Venin, ce sera parfait."

Avec un nom comme celui-ci, c'était probablement une capacité de type Poison...Idéal pour Ariel, Ézéchiel, ou d'autres encore.
Cherchant à abréger cette situation gênante où il devait montrer sa gratitude, Rico enchaîna avec une nouvelle mission pour Michael. Il devait capturer un Abra, un Mimigal, un Mimitoss et un...Marill. Il les disait utiles pour les cambriolages. Le voleur n'en doutait pas pour les trois premiers, mais il n'avait aucune idée d'à quoi pouvait ressembler un Marill, ni d'où trouver un Abra en dehors de casino...Il ferait avec. Il accomplirait de toute façon cette mission, et avec l'argent qu'il se faisait dernièrement, ce serait peut-être sa dernière avant de trahir Rico et le dénoncer à la police. S'il n'avait plus besoin de lui pour devenir riche, alors autant effacer les traces.

"Entendu. Je ferais au plus vite pour débusquer ces Pokémon, Rico."

L'hypocrisie lui seyait à merveille. Rico n'en demanda pas plus de toute façon, il avait l'air d'exécrer tout entretien social, et cela convenait très bien à sa "recrue". Il fit réapparaître son Rapasdepic et décolla avant que quelqu'un ne les voit ensemble.

Michael se retrouvait donc seul sur les docks, quand Raziel refit apparition dans un éclair rouge. Sa présence n'était toujours pas désirée, et le voleur sentait qu'il tentait de s'immiscer dans son esprit.

*Tu t'es fait arnaqué...Le diamant valait plus...*, dit-il d'une voix inhumaine, traînante et angoissante.
"Je sais. Mais j'ai gardé l'argent liquide pour moi, et je ne lui ai pas parlé du reste de ce qu'on a pris. On va pouvoir le revendre au bazar, dès qu'il sera ouvert."
*Tu n'es pas trop bête...Pour un humain...*

Michael eut un regard vers l'Alakazam. Il le mettait vraiment mal à l'aise...Il le rappela et il disparut sans émettre de protestation.
Le voleur commença donc par se diriger vers le centre Pokémon, dont les portes étaient toujours ouvertes, pour y déposer Mimigal, qui avait prouvé son utilité mais devait maintenant retourner avec les autres, puisqu'il ne servirait jamais en tant que combattant. Sur le chemin, un Roucool piailla : il portait entre ses griffes un gros oeuf, accompagné d'un mot. C'était un oeuf d'un Pokémon d'Alola, une région lointaine dont il avait vaguement entendu parlé lorsqu'il recherchait des destinations de vacances. Mais l'île Paradisiaque au large de Carmin était tout de même beaucoup plus proche et abordable. C'était Chen qui envoyait cet oeuf, tous les dresseurs de sa connaissance en avaient probablement reçu un. Michael ne chercha pas à comprendre pourquoi. De toute façon, il prendrait la place de Mimigal à son éclosion, et c'était tout ce qui importait.
Il consulta aussi son Pokématos et vit qu'il avait reçu un message de Jean Coll il y a plusieurs jours de cela. Absorbé par la préparation de ses méfaits, il n'y avait pas prêté attention...Tant pis.
Dans le centre, il procéda donc à la remise de Mimigal et sortit immédiatement. Il commençait à faire jour, et il n'y avait aucun doute que le bazar était maintenant ouvert. Il connaissait le chemin par coeur. Sans aucun problème, il trouva acheteur à chacun des objets qu'il avait à refourgué, et personne ne posa la moindre question. Cela aura été si facile.
Sans attendre, il demanda à Raziel de le transporter vers sa nouvelle destination : chez Léo, le collectionneur expert en pierre évolutives. Mais l'Alakazam ne l'entendait pas de cette oreille :

*Non. Un cerveau aussi puissant que le mien doit se reposer pour fonctionner, et tu m'as privé de mon sommeil cette nuit. Tu marcheras.*

Lieu suivant : Route 05

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[PV] Rédemption

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